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« La menace qui pèse sur la communauté juive reste aiguë »

April 5, 2017

« Qu’arrive-t-il lorsque des idées anti

 

sémites en viennent à se manifester par des actes ? » Le nouveau Rapport sur l’antisémitisme répond à cette question et donne des exemples d’incidents antisémites récents. En 2016, l’extrême droite a davantage fait parler d’elle que les années précédentes. L’historien Daniel Rickenbacher est l’auteur de l’article de fond qui accompagne le rapport de cette année et qui traite du phénomène dit des fronts transversaux. Daniel Rickenbacher est assistant de recherche à l’Académie militaire de l’EPF de Zurich. Nous nous sommes entretenus avec lui des tendances actuelles de l’antisémitisme.

FSCI : Quelles sont aujourd’hui les personnes à l’origine de la menace antisémite ?

Daniel Rickenbacher : La menace vient, comme toujours, de ceux qui imaginent des complots partout, rejettent la démocratie et ne s’embarrassent pas de nuances, c’est-à-dire des islamistes et des extrémistes de gauche et de droite. Les violences antisémites, elles, ont surtout pour sources des gens acquis aux thèses islamistes.

Vous parlez dans l’article qui accompagne le Rapport sur l’antisémitisme de la FSCI et de la GRA des fronts transversaux. Que faut-il entendre par là ?
Les fronts transversaux sont des alliances que des groupes d’extrême gauche et d’extrême droite nouent pour des raisons de concordance d’intérêts et d’idéologie. Je considère également comme telles les coopérations, le plus souvent voulues par l’extrême droite, avec des mouvements islamistes. De pur opportunisme, elles fleurissent régulièrement sur le terreau que sont l’antisémitisme et l’hostilité à l’encontre d’Israël. Aussi n’est-il pas rare de trouver côte à côte, sur les appels à manifester contre Israël, les noms d’organisations islamistes telles que l’antenne suisse des Frères musulmans et ceux d’organisations de gauche. L’extrême droite, au contraire, qu’il s’agisse d’organisations ou de personnes, a régulièrement cherché des appuis du côté du régime iranien.

La FSCI met beaucoup d’énergie à obtenir de l’État qu’il soutienne les mesures de protection prises par la communauté juive. Quel est, selon vous et selon ce que vous observez, l’état de la menace ?
La menace qui pèse sur la communauté juive reste aiguë. Les gens qui reviennent de l’État islamique et les sympathisants de celui-ci représentent un grand danger. Ils n’ont cessé, ces derniers temps, de perpétrer des attentats, parfois mortels, contre des juifs européens.

Quelles sont les principales tendances des études les plus récentes sur l’antisémitisme ?

Depuis le début des années 2000, elles ont surtout pour objet le Nouvel antisémitisme. Un antisémitisme qui n’est plus le fait de la seule extrême droite, mais également, comme il vient d’en être question, d’islamistes ainsi que de certaines parties de la gauche. Vis-à-vis du public, il se manifeste surtout par des attaques contre Israël reprenant volontiers les grands classiques de l’antisémitisme que sont les théories du complot des Protocoles des sages de Sion ou la légende des crimes rituels.

Que peuvent opposer à cela la communauté juive et la FSCI ?

Rappelons, pour commencer, que combattre l’antisémitisme est d’abord l’affaire de l’État et ensuite seulement celle de la communauté juive. D’une part parce que les juifs ont droit à la sécurité, de l’autre parce que les mouvements antisémites constituent une menace générale pour l’État également. Mais tant que cela ne sera pas une évidence pour tout le monde, l’antisémitisme continuera d’être souvent considéré comme un problème propre aux juifs. La communauté juive doit faire admettre son droit à la sécurité. En même temps, elle doit elle-même faire preuve de vigilance. Il faut en outre que l’on apprenne à parler de l’antisémitisme sans hypocrisie et que l’on comprenne que la lutte à mener contre lui est une question qui transcende les clivages politiques.

Quels sont selon vous les outils dont on a besoin pour combattre l’antisémitisme ?

La possibilité de protéger la communauté juive contre le danger que représente pour elle le terrorisme a fait un grand pas en avant avec l’adoption de la loi sur le renseignement. Le rôle que l’antisémitisme joue dans la radicalisation des terroristes djihadistes continue malheureusement d’être sous-estimé. La propagande antisémite que l’on trouve sur Facebook et les médias sociaux en général est également un problème. La stratégie de la FSCI constituant à porter plainte contre les propos antisémites porte selon moi ses fruits. Elle a un effet dissuasif et permet de se faire une idée plus précise de l’étendue de l’antisémitisme et de ses acteurs. Reste le problème de la rareté en Suisse d’études actuelles sur le sujet. Une grande partie des groupes antisémites et extrémistes dont la propagande vise les jeunes et les migrants sont inconnus du public. Je pense en disant cela à Milli Görüs ou aux Loups gris, deux mouvements turcs qui sévissent en Suisse depuis des années. La musique antisémite, par exemple le rap, commence, elle aussi, à faire problème. Il faudrait pour mettre le holà aux messages qu’elle véhicule une collaboration avec l’industrie de la musique dont peu de gens semblent encore comprendre la nécessité.

L’intégralité du Rapport sur l’antisémitisme est disponible à l’adresse www.antisemitisme.ch.

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